CARTE UKRAINE. Les cartes de situation, 4 mars 2022

CARTE UKRAINE. Les cartes de situation, 4 mars 2022 CARTE UKRAINE. Alors que la guerre se poursuit dans tout l'Ukraine, la plus grande centrale atomique d'Europe, Zaporijie, est tombée aux mains des Russes. Kiev subit toujours des raids et des troupes russes sont massées à quelques encablures de la capitale. Les cartes...

[Mis à jour le 4 mars 2022 à 13h59] La guerre en Ukraine se poursuit avec plusieurs évolutions majeures de la situation au matin de ce vendredi 4 mars. Principale information de ces dernières heures : l'armée russe occupait ce vendredi la plus grande centrale nucléaire ukrainienne, Zaporijie, située dans le Sud du pays, où des bombardements dans la nuit ont fait craindre une catastrophe. Un incendie a été rapporté, vite éteint par les pompiers ukrainiens. L'attaque n'a fait aucune victime selon les secours ukrainiens, la sécurité serait "garantie" selon Kiev. Les niveaux de radioactivité restent inchangés sur le site de la centrale, qui compte six réacteurs nucléaires et fournit une grande partie de l'énergie du pays, a indiqué de son côté l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), selon qui aucun équipement "essentiel" n'a été endommagé. L'exploitation du site se poursuit de façon normale.

Sur la capitale ukrainienne, Kiev, les raids de l'armée russe se sont encore intensifiés , qui a notamment accusé Moscou d'avoir bombardé une zone résidentielle et des écoles à Tcherniguiv, au nord de la ville, faisant 33 morts. Des combats étaient toujours en cours ce vendredi matin, selon les Ukrainiens. L'AFP écrit que la situation serait aussi devenue "un enfer" à Okhtyrka, et "critique" à Soumy, deux villes à quelque 350 km à l'est de Kiev, selon les autorités locales. Des bombardements ont également frappé la ville de Jitomir, à 150 kilomètres à l'ouest de Kiev.

Au sud du pays, l'invasion russe de l'Ukraine progresse. Le port stratégique de Marioupol se trouvait coupé du monde ce vendredi matin, les autorités locales rapportant un "blocus". Si la ville tombait, la jonction des forces russes venues de Crimée et des troupes séparatistes venues du Donbass, plus au nord, serait faite. Le port de Berdiansk, port clé de l'Ukraine, au bord de la mer d'Azov, serait d'ores et déjà aux mains des forces de Poutine. L'armée russe serait par ailleurs présente à Kherson depuis jeudi. Moscou a annoncé avoir pris la grande ville du sud du pays dans la matinée, après des combats acharnés.

Plus au nord, à Kharkiv, des troupes aéroportées russes ont débarqué à dans la nuit de mardi à mercredi et ont "attaqué un hôpital" local, ont déclaré les forces armées ukrainiennes, faisant état de combats en cours dans la deuxième ville d'Ukraine. Selon l'AFP, au moins quatre personnes ont été tuées et neuf ont été blessées dans des bombardements visant le siège des services de sécurité et une université.
L'Ukraine et la Russie ont convenu jeudi, à l'issue d'une deuxième session de pourparlers, d'organiser des "couloirs humanitaires" pour l'évacuation des civils des zones de combats, ont annoncé les deux parties.

Les cartes des agences de presse

Depuis le début du conflit, les cartes jouent un rôle déterminant dans la compréhension de l'opération militaire russe et dans le suivi en direct de la situation. Plusieurs agences alimentent la presse en cartes et graphiques mis à jour quotidiennement. C'est le cas de l'Agence France Presse en France, mais aussi de services spécialisés comme Visactu  encore, ou Graphic News, agence internationale indépendante et entièrement financée par les éditeurs de médias. La plupart de ces cartes sont mises à jour en fin de journée.

La carte du site ukrainien Liveuamap

Un des document les plus précieux, disponible actuellement en ligne, est la carte établie par Liveuamap.com, plateforme indépendante ukrainienne qui compile et croise plusieurs informations de sources médiatiques et de médias sociaux et permet de visualiser, en temps réel ou presque, les affrontements et les frappes qui se succèdent dans le pays.

Une autre carte interactive publiée sur MapHub permet de visualiser des attaques de la Russie et les actes de défense de l'Ukraine depuis le début du conflit. L'outil, qui recense à ce jour des centaines d'événements, est chapeauté par le Centre for Information Resilience (CIR), une entreprise britannique indépendante à but non lucratif qui se consacre elle aussi à l'identification, à la lutte et à la dénonciation des opérations d'influence. Le CIR entend "sensibiliser à la menace que représentent les opérations d'influence, y compris la désinformation, pour la démocratie et la vérité objective, et d'aider à les contrer". 

Les cartes de situation du ministère de la Défense

Quelques jours après le début de la guerre en Ukraine, le ministère français de la Défense a mis en place un point du situation et une carte détaillant le théâtre des opérations. La carte est disponible sur le portail du ministère de la Défense et est actualisée chaque jour.

Carte de situation en Ukraine établie par le ministère français de la Défense.
Carte de situation du ministère français de la Défense, datée du 3 mars 2022. © Ministère de la Défense

Les cartes de situation de l'Institute for the Study of War (ISW)

Les rapports et les cartes établis quotidiennement par l'Institute for the Study of War (ISW) alimentent la presse (dont Le Monde) en informations récentes et précises. L'Institute for the Study of War est un organisme américain de recherche sur les politiques publiques, non partisan et à but non lucratif. Il "favorise une compréhension éclairée des affaires militaires par le biais de recherches fiables, d'analyses fiables et d'une éducation innovante".

Carte de la guerre en Unkraine établie par L'Institute for the Study of War (ISW).
Carte établie par L'Institute for the Study of War (ISW) le 3 mars au soir. © Capture Understandingwar.org/

La carte du Center for Eastern Studies (OSW)

Le Center for Eastern Studies est un organisme public polonais qui se concentre sur "l'analyse des processus et événements clés qui se déroulent dans le vaste environnement international de la Pologne". Doté de quarante analystes, il entend "surveiller les processus politiques, sociaux et économiques, proposer des analyses actualisées et approfondies" au gouvernement polonais et "participer aux débats des communautés d'experts et d'universitaires en Pologne et à l'étranger".

Carte de la guerre en Ukraine établie par le Center for the Eastern Studies
Carte du Center for the Eastern Studies en date du 2 mars 2022 © Capture Center for the Eastern Studies

Les cartes des médias en France et à l'étranger

En France, les sites de référence comme Le Monde ou Le Figaro proposent de suivre l'avancée des troupes russes via une série de cartes basées elles-mêmes sur des données fiables des sources mentionnées ci-dessus. Les Décodeurs du Monde proposent une carte de l'évolution de l'invasion russe au jour le jour, dotée notamment d'une glissière pour naviguer dans la chronologie du conflit. Le Figaro a établi plusieurs cartes à partir des informations du site Liveuamap, de l'agence Graphicnews et d'autres agences de presse comme l'AFP. A l'étranger, les sites du New York Times (capture) et du Washington Post, les deux médias américains de référence, proposent aussi des cartes à jour.

Carte de la guerre en Ukraine par le New York Times
Carte de la guerre en Ukraine par le New York Times © Capture The New York Times

La bataille de Kiev cartographiée

La bataille de Kiev, notamment, a été cartographiée par plusieurs médias en France et dans le monde. Visactu, agence française spécialisée dans la production d'infographies de presse, propose régulièrement des mises à jour de la situation dans la capitale ukrainienne.

Au Royaume-Uni, la BBC dispose également d'une page permettant de suivre les combats en Ukraine. Certaines cartes permettent également de prendre connaissance de la situation dans la capitale. Autre média britannique, le Financial Times décline lui aussi ses cartes jusqu'aux affrontements à Kiev.