Prix du gaz : la guerre en Ukraine fait flamber les prix, quel effet sur votre facture ?

Prix du gaz : la guerre en Ukraine fait flamber les prix, quel effet sur votre facture ? PRIX DU GAZ. La guerre en Ukraine devrait avoir de lourdes conséquences sur le continent européen en matière d'approvisionnement et de tarifs. Mais alors, les prix vont-ils flamber en France ? Quel impact sur votre facture ? On fait le point.

[Mis à jour le 4 mars 2021 à 16h49] Approvisionnement, prix du gaz... La guerre en Ukraine fait peser sur l'Europe et la France de sérieux doutes. Alors, l'avenir est-il si sombre que ça pour l'Hexagone ? Pas vraiment. Tout d'abord, nous sommes beaucoup moins dépendants que certains de nos voisins comme l'Allemagne vis-à-vis de la Russie. Quand nous importons "seulement" 17% de gaz russe, nos amis germaniques importent de 55 à 60% de leur gaz depuis la Russie. Ensuite, le gouvernement français n compte pas lâcher ses citoyens. En effet, Bruno Le Maire souhaite actionner le levier du bouclier tarifaire. 

Le bouclier tarifaire devrait être prolongé jusqu'à la fin de l'année 2022. Déjà en place jusqu'au 30 juin, le dispositif visant à geler les prix du gaz en France pour les particuliers pourrait exceptionnellement être prolongé pour que la hausse des prix du gaz ne se propage pas en France cette année, et soutenir le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes. Exclues du bouclier tarifaire jusqu'alors, les entreprises pourraient, elles aussi, être concernées par l'annonce du ministre de l'Economie. Seraient éligibles, les entreprises dont la consommation de gaz est conséquente et vitale au bon fonctionnement de l'activité. Ces entreprises devraient également justifier d'une rude concurrence internationale. Les décisions sont sur la table et le verdict ne devrait plus tarder à tomber. Le prix du gaz livré aux Pays-Bas, lui, se chiffre à 194 euros le mégawattheure ce jeudi 3 mars, un chiffre historique, c'est tout simplement du jamais vu.

La France est-elle dépendante du gaz russe ?

Aujourd'hui, 40% du gaz européen est importé depuis la Russie. Attention toutefois, seulement 17% du gaz français provient de Russie, là est la grande différence avec des pays ultra dépendants comme l'Allemagne. Outre-Rhin, nos voisins sont dépendants de 55% à 60% vis-à-vis de la Russie en termes d'importations de gaz. Aussi, le pipeline North Stream 2 vient tout juste d'être achevé entre la Russie et l'Allemagne. Le chancelier allemand Olaf Scholz a d'ores et déjà suspendu l'autorisation de ce gazoduc. L'Allemagne se retrouve prise au piège, et pourrait être en grande difficulté en cas de vague de froid. 

Si la Russie décide de ne plus alimenter la France en gaz, l'Hexagone aura toujours la possibilité de se fournir en Norvège (36% du gaz importé en France) ou en Algérie (8% du gaz importé en France), autres partenaires commerciaux de la France sur le gaz. Attention, ces pays ont des capacités de fourniture bien plus limitées que la Russie. Cette importation de gaz liquéfié depuis la Norvège et l'Algérie reste, aujourd'hui, la piste la plus sérieuse et intéressante si la Russie venait à ne plus alimenter l'Europe.

La France dispose-t-elle de stocks de gaz ?

En France, il n'y a pas de raison de s'inquiéter, pour l'heure. Premièrement, avec l'Italie, la France est le meilleur élève européen en matière de stockage de gaz d'après Le Parisien. Ce qui nous protège grandement, dans un premier temps, du risque de manque d'approvisionnement et des variations d'approvisionnement. Deuxièmement, la France dispose de trois terminaux méthaniers : Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Dunkerque (Nord). Un avantage considérable qui devrait permettre d'approvisionner sereinement les clients français dans les prochaines semaines.

Rappelons qu'en France, les fournisseurs ont l'obligation d'effectuer des stocks de gaz pour plusieurs mois, dans des nappes. Et c'est une bonne nouvelle, les nappes françaises sont presque remplies. Ce qui couvre 1/4 de la consommation annuelle. La difficulté sera de les réapprovisionner au sortir de l'hiver. Sans quoi, d'importantes difficultés sont à prévoir pour l'hiver prochain. 

Quelles sont les conséquences sur le prix du gaz en Europe ?

Le prix du gaz naturel en Europe flambe déjà pour atteindre 108 euros par mégawattheure. Première conséquence visible de la guerre en Ukraine. Alors, existe-t-il un réel risque de hausse des prix en France ? Pour l'heure, pas vraiment grâce à l'instauration du bouclier tarifaire par l'exécutif. Les achats de produits énergétiques pourraient être épargnés, il ne devrait pas en manquer non plus en France. 

Quid des entreprises qui ne sont pas protégées par le bouclier tarifaire ? Ces dernières pourraient subir de plein fouet les effets de la guerre en Ukraine. Des effets néfastes qui impacteraient aussitôt leur compétitivité. 

Présenté comme le cours européen de référence pour le gaz, le TTF néerlandais connaît une véritable explosion depuis le début de cette semaine, autour de 194 euros le mégawattheure ce vendredi.  Depuis ce lundi, les contrats ont flambé de 50%. De mauvaise augure avant une potentielle hausse des prix du gaz en France.

L'exclusion de la Russie du système de traitement des opérations bancaires Swift faisait également planer un sérieux doute sur l'approvisionnement et les prix des matières premières, et du gaz en France et en Europe. Selon toute vraisemblance, il n'en sera rien pour les prix du gaz en France. En effet, les achats de produits énergétiques pourraient ne pas être impactés. Exemple significatif, la filiale de la Société générale, Rosbank, qui échappe officiellement à l'exclusion de Swift par les pays européens, elle ne fait pas partie des 7 banques russes d'ores et déjà bannies. Une excellente nouvelle pour la France et l'Europe face au risque encouru.

Prolongation du bouclier tarifaire, jusqu'à quand ?

Une bonne nouvelle pour les ménages qui dépendent aujourd'hui encore des tarifs réglementés du gaz ? Outre la création d'une indemnité inflation en lieu et place d'un chèque carburants, le Premier ministre a annoncé que le bouclier tarifaire utilisé pour geler les prix du gaz sera prolongé jusqu'à fin 2022, au lieu d'avril.

Pour justifier cette décision, Jean Castex a expliqué que la décrue des prix sera plus lente que prévue. Le locataire de Matignon a toutefois écarté, pour l'heure, toute mesure entraînant une baisse de la fiscalité. Mais concrètement, que signifie cette mesure pour les consommateurs ? Les prix du gaz seront, certes, bloqués jusqu'à la fin de l'année l'an prochain. En revanche, à compter de début 2023, le prix du gaz reviendra aux consommateurs un peu plus cher que les cours du marché, afin que les sommes payées en plus pendant l'hiver par les opérateurs soient récupérées. Depuis le début de l'année, le tarif réglementé a bondi de plus de 50% depuis janvier. Il y avait urgence alors que le mercure se prépare à descendre.

Quelles ont été les augmentations successives du prix du gaz en 2021 ?

Le consommateur fait face à une véritable flambée des prix du gaz ces derniers mois. Pour les ménages utilisant le gaz comme moyen de cuisson, mais aussi pour se chauffer, les hausses successives vont sérieusement entamer le budget de fin d'année. La Commission de Régulation de l'énergie (CRE) a en effet annoncé des hausses en pagaille ces derniers mois, ces augmentations agissant sur les tarifs réglementés du gaz pratiqués par Engie. Ils agissent par ricochet sur les prix du marché. On résume ce qui s'est passé ces derniers mois : 

  • +10% en juillet 2021
  • +5% en août 2021
  • +8,7% en septembre 2021
  • +12,6% en octobre 2021
  • +15% annoncés au 1er novembre 2021.

Le gouvernement a récemment annoncé le versement d'un chèque énergie supplémentaire de 100 euros pour les 5,8 millions de foyers bénéficiaires du chèque énergie. Le versement est programmé courant décembre. Pour en savoir plus, consultez notre article dédié : 

Quand les tarifs réglementés du gaz vont-ils disparaître ?

Vous dépendez toujours des prix du gaz réglementés ? Cette hausse de prix n'est pas la seule raison pour regarder ailleurs ! Depuis la loi Energie et Climat adoptée en 2019, les tarifs réglementés disparaissent progressivement. Engie a cessé de commercialiser de nouveaux contrats aux tarifs réglementés de vente (TRV), depuis novembre 2019, ce qui signifie que vous allez bientôt changer de contrat. Si vous bénéficiez d'un contrat d'Engie, pas de panique. Il reste valide jusqu'au 30 juin 2023. Dans ce contexte de crise, vous étudiez la possibilité de changer plus sérieusement de fournisseur d'énergie ? Consultez notre dossier dédié sans plus attendre :

Comment comparer les prix du gaz ?

Attention toutefois, puisque si vous n'avez pas changé de contrat vous-même, vous verrez votre contrat passer automatiquement sur une offre de marché d'Engie, à compter du 1er juillet 2023. Si vous changez de fournisseur, renseignez-vous sur le site du médiateur national de l'énergie, ici, qui propose un comparateur d'offres pour trouver la formule qui correspond à vos besoins de consommation.