Lettre de Macron : résumé, ce qu'il faut retenir du texte du candidat

Lettre de Macron : résumé, ce qu'il faut retenir du texte du candidat MACRON CANDIDAT. Emmanuel Macron est donc candidat à l'élection présidentielle 2022. Le chef de l'Etat a annoncé sa candidature dans une "lettre aux Français" ou il affirme sa volonté d'"inventer" avec les Français "une réponse française et européenne singulière" aux défis du siècle...

L'essentiel
  • Une lettre aux Français. Emmanuel Macron est donc officiellement candidat à l'élection présidentielle 2022. C'est dans une "lettre aux Français", publiée dans la presse locale, que le président de la République a exprimé sa volonté de concourir à l'élection pour un deuxième mandat.
  • Que dit Macron dans sa lettre ? Dans sa lettre aux Français, Emmanuel Macron a détaillé les raisons de sa candidature : "Je suis candidat pour inventer avec vous, face aux défis du siècle, une réponse française et européenne singulière." En outre, le chef de l'État souhaite "défendre nos valeurs que les dérèglements du monde menacent". Comme attendu, devant la poussée de l'extrême droite, le choix de société sera bien au coeur de sa campagne, Emmanuel Macron estimant dans sa lettre que "l'enjeu sera de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance".
  • Côté programme, la lettre d'Emmanuel Macron dévoile quelques grandes lignes directrices à défaut de décliner des propositions concrètes. Le président sortant évoque avec insistance la lutte contre les inégalités avec une priorité donnée "à l’école et à nos enseignants" pour rétablir l'égalité des chances et "la méritocratie républicaine". Il prône aussi "plus d'inclusion", y compris pour le grand âge, souhaitant aller vers le maintien à domicile et des "maisons de retraite plus humaines".
  • La lettre assume clairement un retour au "travailler plus", Emmanuel Macron estimant que la création de richesse, qui passera également par la "baisse des impôts pesant sur le travail et la production", est un gage d'indépendance dans le monde troublé qui s'annonce. Il met aussi l'accent, comme il a pu le faire ces derniers mois, sur les enjeux des énergies renouvelables, combinées au nucléaire, des batteries, de l’agriculture, du numérique, ou encore du spatial...
  • Des erreurs et une campagne perturbée : dans sa lettre, Emmanuel Macron reconnaît très vite avoir commis des erreurs, dans un passage où il tente de mettre en perspective un bilan, malgré l'"accumulation de crises" pendant son quinquennat. "Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment", écrit-il. A la fin du texte, il prévient aussi qu'il ne sera pas un candidat comme les autres, sa campagne s'annonçant, de fait, impactée par les événements internationaux : "je ne pourrai pas mener campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte". Un premier déplacement en Ile-de-France ce week-end et un meeting à Marseille le 12 mars sont néanmoins évoqués, sans avoir à ce stade été confirmés par l'entourage du néo-candidat.
  • Une première vidéo du candidat a été postée vendredi vers 18h, dans la foulée de sa lettre aux Français. "J'ai une ambition pour le pays, je veux encore pouvoir faire bouger les choses avec vous", y explique Emmanuel Macron.
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14:46 - Emmanuel Macron toujours en tête dans le dernier sondage

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Chronique de campagne du 5 mars. 14h46. La dernier sondage, réalisé par Ipsos pour le Cevipof, Le Monde et la Fondation Jean Jaurès et publié samedi 5 mars, donne Emmanuel Macron en tête du premier tour de l'élection présidentielle et avec une avance confortable (30,5%). Le chef de l'Etat serait réélu face à Marine Le Pen (59%), Valérie Pécresse (64%) et Éric Zemmour (65%).

Emmanuel Macron n'a toujours pas officialisé sa candidature à l'élection à la présidentielle de 2022 pourtant il a déjà avoué avoir "très envie" de se lancer dans la course. L'annonce d'une candidature pourrait toutefois intervenir sous peu, le président de la République a en effet fait savoir qu'il attendait une accalmie de la situation épidémique pour faire connaître sa décision. Malgré l'absence d'une candidature officielle, Emmanuel Macron semble entamer une campagne qui ne dit pas son nom et multiplie les déplacements et les prises de parole sur divers sujets qui se trouvent aussi être des thèmes de campagne stratégiques.

En savoir plus

Emmanuel Macron candidat à l'élection présidentielle 2022

Après des semaines de faux-suspense, Emmanuel Macron a donc officialisé sa candidature à l'élection présidentielle, ce jeudi 3 mars 2022, dans une lettre adressée aux Français et publiée dans les titres de presse quotidienne régionale. Il avait dit en avoir "envie", mais le chef de l'Etat a longtemps retardé l'annonce de sa décision. Le président de la République avait expliqué vouloir sortir de la crise sanitaire et régler le conflit entre l'Ukraine et la Russie. Si le premier point semble en passe d'être résolu, le second, au contraire, s'est envenimé et la guerre a été déclenchée. Mais face au calendrier imposé par le Conseil constitutionnel, le locataire de l'Elysée était contraint d'annoncer sa décision en pleine crise diplomatique et humanitaire internationale, la date butoir ayant été fixée au vendredi 4 mars à 18h. Du côté de La République en Marche, tout est en ordre de bataille depuis plusieurs semaines pour vanter les mérites du leader, défendre son bilan et convaincre les électeurs de le conforter cinq ans de plus au Palais.

Lettre de Macron dans son intégralité

Mes chers compatriotes,

Depuis cinq ans, nous avons traversé ensemble nombre d’épreuves. Terrorisme, pandémie, retour de la violence, guerre en Europe : rarement, la France avait été confrontée à une telle accumulation de crises. Nous avons fait face avec dignité et fraternité.

Nous avons tenu bon sans jamais renoncer à agir. Grâce aux réformes menées, notre industrie a pour la première fois recréé des emplois et le chômage a atteint son plus bas niveau depuis quinze ans. Grâce au travail de tous, nous avons pu investir dans nos hôpitaux et notre recherche, renforcer nos armées, recruter policiers, gendarmes, magistrats et enseignants, réduire notre dépendance aux énergies fossiles, continuer à moderniser notre agriculture. Grâce à nos efforts, nous avons, avant la pandémie, réduit nos déficits et, tout au long du quinquennat, baissé les impôts de manière inédite. Tout cela nous a permis d’être crédibles et de convaincre nos principaux voisins de commencer à bâtir une Europe-puissance, capable de se défendre et de peser sur le cours de l’Histoire.

Nous n’avons pas tout réussi. Il est des choix qu’avec l’expérience acquise auprès de vous je ferais sans doute différemment. Mais les transformations engagées durant ce mandat ont permis à nombre de nos compatriotes de vivre mieux, à la France de gagner en indépendance. Et les crises que nous traversons depuis deux ans montrent que c’est bien ce chemin qui doit être poursuivi.

Nous connaissons des bouleversements d’une rapidité inouïe : menace sur nos démocraties, montée des inégalités, changement climatique, transition démographique, transformations technologiques. Ne nous trompons pas : nous ne répondrons pas à ces défis en choisissant le repli ou en cultivant la nostalgie. C’est en regardant avec humilité et lucidité le présent, en ne cédant rien de l’audace, de la volonté et de notre goût de l’avenir que nous réussirons. L’enjeu est de bâtir la France de nos enfants, pas de ressasser la France de notre enfance.

Voilà pourquoi je sollicite votre confiance pour un nouveau mandat de Président de la République. Je suis candidat pour inventer avec vous, face aux défis du siècle, une réponse française et européenne singulière. Je suis candidat pour défendre nos valeurs que les dérèglements du monde menacent. Je suis candidat pour continuer de préparer l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Pour nous permettre aujourd’hui comme demain de décider pour nous-mêmes.

Il n’y a pas d’indépendance sans force économique. Il nous faudra donc travailler plus et poursuivre la baisse des impôts pesant sur le travail et la production. Pour ne pas nous laisser imposer par d’autres les technologies qui rythmeront demain notre quotidien, il nous faudra aussi continuer d’investir dans notre innovation et notre recherche afin de placer la France en tête dans les secteurs qui, comme les énergies renouvelables, le nucléaire, les batteries, l’agriculture, le numérique, ou le spatial feront le futur et nous permettront de devenir une grande Nation écologique, celle qui la première sera sortie de la dépendance au gaz, au pétrole et au charbon.

C’est à la condition de cette reconquête productive par le travail que nous pourrons préserver et même améliorer ce modèle social auquel nous tenons tant et qui a fait ses preuves.

Nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger toujours trop tard qu’en nous y attaquant à la racine. Nous ferons en sorte que tous les enfants de France aient les mêmes chances, que la méritocratie républicaine redevienne une promesse pour chacun. Pour cela, la priorité sera donnée à l’école et à nos enseignants, qui seront plus libres, plus respectés et mieux rémunérés.

Nous investirons pour permettre à chacun de vivre le grand âge à domicile tant qu’il le peut, pour rendre les maisons de retraite plus humaines. Nous poursuivrons sans relâche notre travail pour l’inclusion de nos compatriotes en situation de handicap. En matière de santé, nous opérerons la révolution de la prévention et ferons reculer les déserts médicaux.

La force de notre modèle social est là : dans cet investissement dans l’humain tout au long de la vie, qui donne confiance aux familles et a fait de la France l’un des pays d’Europe à la plus forte natalité.

Défendre notre singularité française implique enfin de promouvoir une certaine manière d’être au monde. Un art de vivre millénaire, enraciné dans chaque région, chaque canton, chaque ville et chaque village que ce soit en métropole ou dans nos outre-mer. Une histoire, une langue, une culture que lorsque l’on est Français, on se doit de connaître, d’aimer, de partager. Une citoyenneté, qui ne repose pas seulement sur des droits, mais sur des devoirs et un engagement de chaque jour. Parce que le respect des lois n’est pas négociable, nous poursuivrons l’investissement dans nos forces de sécurité et notre justice. Nous encouragerons l’engagement avec une ambition simple : former non pas seulement des individus et des consommateurs, mais des citoyens. Faire des républicains.

Tout au long de mon mandat, j’ai vu partout un esprit de résistance à toute épreuve, une volonté d’engagement remarquable, une inlassable envie de bâtir. Je l’ai retrouvée dans notre pays mais aussi en allant à la rencontre de nos compatriotes vivant à l’étranger. En chaque lieu, j’ai perçu le désir de prendre part à cette belle et grande aventure collective qui s’appelle la France.

C’est pourquoi le moment électoral qui s’ouvre est si important. Cette élection présidentielle déterminera les directions que le pays se donne à lui-même pour les cinq années à venir et bien au-delà. Bien sûr, je ne pourrai pas mener campagne comme je l’aurais souhaité en raison du contexte. Mais avec clarté et engagement j’expliquerai notre projet, notre volonté de continuer à faire avancer notre pays avec chacun d’entre vous.

Ensemble, nous pouvons faire de ces temps de crises le point de départ d’une nouvelle époque française et européenne.

Avec vous. Pour vous. Pour nous tous. Vive la République !

Vive la France !

Une vidéo de candidature d'Emmanuel Macron

Dans son premier clip de campagne publié vendredi 4 mars en fin de journée, Emmanuel Macron détaille les raisons qui l'ont poussé à se représenter. "Si à chaque seconde, on considère que la confiance est acquise et qu'on n'a pas à se remettre en cause et à aller la chercher, la solliciter, à ce moment-là, on perd", a-t-il indiqué. "J'ai une ambition pour le pays, je veux encore pouvoir faire bouger les choses avec vous. Je veux le faire différemment parce que cette période aussi nous a tous changés. Je veux le faire en associant davantage", affirme-t-il ajoutant que "rien n’est écrit".

Quels sont les résultats des sondages pour Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron est pour l'heure favori à sa propre succession. Selon les nombreux sondages réalisés, qu'importe l'institut, le président de la République apparaît en tête des intentions de vote au premier tour, recueillant entre 20 et 26% des suffrages des électeurs. Par ailleurs, au second tour, il serait conforté dans son rôle. Toutefois, le match s'annonce plus serré face à Valérie Pécresse que Marine Le Pen. Le chef de l'État serait bousculé par la présidente de la région Île-de-France (il est alors crédité d'entre 51 à 54% des votes). Face à la candidate du Rassemblement national, Emmanuel Macron est donné entre 53 et 58% des suffrages.

Quel est le programme d'Emmanuel Macron pour la présidentielle ?

S'il n'a pas encore formellement présenté de programme, Emmanuel Macron a déjà fixé le cap sur certains sujets qu'il ambitionne de porter sur un nouveau mandat.

  • Emmanuel Macron compte reprendre la réforme des retraites, abandonnée jusqu'au scrutin national. Le président l'a annoncé, notamment dans sa lettre de candidature : "Il faudra travailler plus", ce qui doit être entendu pour le temps de travail, mais aussi pour la durée de carrière. Repousser l'âge du départ à la retraite est donc une nouvelle fois dans les cartons, ce à quoi s'ajoute "une sortie des régimes spéciaux" voulue par le chef de l'État. 
  • Dans sa lettre aux Français début mars, Emmanuel Macron a expliqué vouloir donner la priorité "à l’école et à nos enseignants" pour rétablir l'égalité des chances et "la méritocratie républicaine". Il prône aussi "plus d'inclusion", y compris pour le grand âge, souhaitant aller vers le maintien à domicile et des "maisons de retraite plus humaines".
  • Dans une interview au Parisien début janvier, Emmanuel Macron a également annoncé qu'il n'augmenterait pas les impôts, qu'il reverrait les conditions de travail et rémunérations de certaines professions comme les soignants et les enseignants. Il souhaite réfléchir à une réforme des droits de succession pour "accompagner les gens pour les aider à transmettre les patrimoines modestes" et compte lutter contre "l'enracinement de la pauvreté".
  • Le thème de la santé s'impose dans cette campagne après deux ans de pandémie. Le secteur médical a martelé son mécontentement et insisté sur le manque de moyens et d'améliorations malgré la tenue du Ségur. Aussi, le ministère dit réfléchir à une "réforme structurelle de l'hôpital public" sans donner d'autres précisions si ce n'est celle concernant la "remise à flot des salaires". La désertification médicale est également un thème qui devrait être une priorité dans le programme d'Emmanuel Macron.
  • Pour le volet sécuritaire, Emmanuel Macron a présenté en septembre son plan pour "penser la police de 2030" avec l'objectif de doubler sur dix ans la présence des policiers sur le terrain. Il a aussi évoqué la présentation de la loi de programmation et d’orientation pour la sécurité intérieure dans le courant 2022. En ce qui concerne l'immigration le président en poste n'abandonne pas son diptyque "fermeté" et "humanité".
  • Sur la question de la transition énergétique, le récent discours d'Emmanuel Macron au profit du nucléaire n'est pas assez inaperçu. Il explique faire le choix du nucléaire parce car c'est l'alternative "la plus décarbonée possible" et celle pour laquelle la France est technologiquement équipée. Quant aux énergies renouvelables, elles ne sont pas encore une solution suffisante selon Emmanuel Macron, la France manquant de technologies pour reposer uniquement sur des productions d'énergies intermittentes. "Le jour où nous aurons des technologies de stockage, l'énergie renouvelable pourra se substituer au charbon, au gaz et même au nucléaire. Mais pas aujourd'hui", a précisé Emmanuel Macron au Parlement européen, mercredi 19 janvier.

La campagne d'Emmanuel Macron sur Twitter, les dernières actus

Biographie express d'Emmanuel Macron

Né en 1977 à Amiens (Somme), Emmanuel Macron est le fils d'un couple de médecins. Aîné de la fratrie, Emmanuel Macron a un frère et une soeur. Au cours de son enfance, il passe beaucoup de temps chez sa grand-mère maternelle, principale d'un collège, à qui il doit son engagement politique. Le jeune Emmanuel Macron a vécu une enfance bourgeoise et provinciale, et reçu une éducation chez les Jésuites de la Providence, à Amiens. Après un bac S, il entre en hypokhâgne et khâgne B/L au lycée Henri-IV à Paris, puis intègre Sciences Po Paris en 1998 et obtient, en parallèle, une maîtrise et une maîtrise (licence aujourd'hui, ndlr) et un DEA (Master 2). Il entre ensuite à l'ENA à Strasbourg (2002-2004) puis est affecté à l'Inspection des finances après un passage à l'ambassade de France au Nigéria et à la préfecture de l'Oise. Pendant trois ans, il travaille à l'Inspection générale des finances, puis signe chez la banque d'affaires Rothschild en 2008, sur recommandation de Jacques Attali. Il travaille sur divers dossiers importants, comme le rachat de Cofidis par le Crédit mutuel, sur la vente du journal Le Monde, ou encore le rachat de certaines activités de Nestlé par Pfizer.

Engagé au PS à partir de 2006, il soutient Ségolène Royal puis François Hollande malgré le refus du Parti socialiste de l'investir en Picardie pour les législatives de 2007. Soutien du futur président de la République, ce dernier lui propose de devenir secrétaire général adjoint de l'Elysée en 2012, avant de le nommer ministre de l'Economie en 2014. Un poste qu'il occupe deux ans, avant de démissionner pour se présenter à l'élection présidentielle et s'installer à l'Elysée en battant Marine Le Pen.

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